On démarre avec une présentation de
Joe Kingman (le nom suffit à le résumer) qui ne fait pas dans la dentelle. Sur des images montées comme un film d'action
(accélérés-ralentis-gros-plans-pétasses-flash-bruitages-stroboscope), sur une voix-off Disney qui prend déjà du recul (imparfait et caricature).
A partir du moment où la fille entre en jeu, la bande-annonce va se résumer a une série d'aller-retours entre chaque aspect du
viril et du
ridicule, c'est-à-dire l'
Avant / Après.
-Pétasse / dominatrices : le chin-chin avec clin d'oeil sexuel au début > les mamans qui entournent un
The Rock soumis.
-Robotisation / décadence : la vie futuriste du mec > le mixeur qui explose.
-
Discipline / Jeu : pas de sucre > bataille d'eau.
-Egocentrisme / Altruisme : immense poster de lui dans sa maison > "
j'apprends à jouer à être père.
Et enfin une étonnante profusion d'opposition
Virilité / Mièvrerie :
-Marche virile avec les motards > chute à cause d'une poupée
-Match de basket entre pote > documentaire sur le poney.
-Sauveteur qui plonge dans le bain > gros bonhomme en mousse
-Spike le bouledogue repoussant > Spike en tutu.
Du coup on commence à avoir compris que le film va parler de l'humanisation d'un mec par le ridicule.
Mais (heureusement) la bande-annonce ne se contente pas d'opposition thématiques, elle va traduire ça par du montage, avec outrance comme d'habitude. Du coup on assiste à une vraie bande-annonce de cartoon où la modulation de la vitesse et du son exploite au maximum l'effet de ridicule.
C'est par exemple le cas du gag ou la fille donne la fiche à Joseph. "
Y'a pas mon nom sur ce... Joseph Kingman." Silence. Il fait craquer son cou. La musique démarre.
Ici le craquement du cou (élément de la virilité) est ridiculisé par sa seule présence au milieu du silence.
On remarque dans ce gag un schéma qui fait :
Gag. Gros Silence. Ptit bruit ridicule. MUSIQUE ! Ce schéma se vérifie r régulièrement en 2 minutes de bande-annonce :
"
C'est p'têtre pour ça que tu ne souris jamais..". Silence. Grognement. Musique !
Il est même carrément surexploité et fini par perdre son effet comique :
Au cours de danse : "
Les mamans s'assoient là-bas". Silence. Ronronnement lubrique de la maman en chaleur.
Et la fille qui a mis The Rock plein de mousse : "
Quoi encore ?". Silence. Ptite bulle.
Finalement on s'attend a un film digne de la bande-annonce : facile et redondant.
Heureusement, quelques clichés sont tournées en dérision :
-Dans ce genre de film on s'attend à ce que le gros dur s'attendrisse et redevienne enfin un enfant :
The Rock joue à la bataille d'eau avec ses collègues, comme un bon vieux cliché, mais s'arrête soudain de rire.
On s'attend aussi à ce que la petite fille entre dans la vie du gros dur et soulève ses problèmes intimes : "
Mon père ne me donnait jamais de sucreries. -C'est ptêtre pour ça que tu ne souries jamais..." Pour moi c'est le gag le plus drôle de la bande-annonce, sûrement aussi parce qu'il prend son temps pour s'installer (plusieurs répliques).
Parce que c'est ça le problème de cette bande-annonce de Maxi Papa : elle veut dire le maximum de blagues en 2 min. Et contrairement à certaines BA qui te disent
"Va y avoir des explosions dans mon film, et puis des flingues , et des larmes aussi, et de l'amour", ici on nous répète la même chose à chaque gag.
Et si on a toujours pas compris, c'est expliqué mot à mot avec le message du film en prime, dans la voix-off que personne comprend tellement qu'il parle par petits bouts :
"Un homme de discipline qui n'a jamais eu a relevé un défi pareil. Il va avoir besoin d'une stratégie inédite.
Personne n'aurait pu imaginer qu'il pourrait bien être l'homme de la situation." Après ça, ça sert à quelque chose d'aller voir
Maxi Papa ?